La Côte Saint-André aux couleurs du triomphe festif d’Hector Berlioz

C’est bien l’année à ne pas manquer à La Côte Saint-André ! D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours un air de fête au village berliozien. Toute la ville s’anime. Des commerces aux carrefours on se met chaque année aux couleurs de l’enfant prodige autant que prodigue du pays quand arrive le mois d’août. Vitrines colorées, rues enturbannées, programmes sur les tables de tous les restaurants, personne ne semble vouloir se tenir à l’écart des festivités et probablement plus encore en cette année anniversaire du Roi Hector.

La petite ville dauphinoise vit au rythme de Berlioz et cette année soutient le siège troyen comme la victoire des Grecs avec l’accueil festif que le « petit village du festival » sis derrière les murailles du château Louis XI réserve aux braves festivaliers qui ont gravi la côte caniculaire avec autant d’ardeur qu’Hector défendit la ville de Priam.

Car si le village est en fête, l’ambiance est là-haut, dans la cour du château où sur les terrasses se sont installés restaurateurs, chocolatiers, libraires et toute l’équipe du festival autour de l’impétueux cheval de bois dont la construction pourrait bien avoir été guidée par la main d’Athéna, comme elle le fit quelques milliers d’années plus tôt de celle d’Ulysse. Il fait jour mais la nuit drape déjà le ciel des Alpes d’un ambiance nocturne que les lumières du château font rougeoyer d’une exquise passion romantique tandis que les festivaliers déambulent verre à la main, dînent délicieusement, tous vêtus d’élégance, détail de nos jours suffisamment rare pour le signaler avec plaisir. Une atmosphère champêtre de fin d’été enveloppe tout autant le château que les esprits gravissant les marches de la coquille servant de théâtre dans la cour intérieure. Le cadre est superbe et efficace. L’acoustique prête aux tonitruances de Berlioz sait aussi s’accommoder des douceurs du poète, même si les œuvres du maître ou de ses comparses, sont réservées pour les églises de la région ou les halles de la ville.

Pendant 15 jours à La Côte, c’est un festival d’initiatives, un feu d’artifices de réjouissances. De l’arrivée triomphale du cheval tiré à dos d’hommes, aux ballades à vélos, en passant par les apéros, les after de la taverne, les conférences et les expositions et mille autres choses, on sait se détendre entre une multitude de concerts en attendant celui du soir qui cette année est toujours un événement. Cette année le voyage troyen est à l’honneur, mais ce n’est que l’illustration un peu plus magique peut-être de l’esprit d’un festival qui investit tout le monde à La Côte envoutant ainsi des festivaliers venus de loin, comme des alentours.

Si la fête et les divertimenti entourent le festival Berlioz, la musique en est bien le centre et la programmation musicale, avec ses invités habituels, fait aussi la part belle aux amis, aux jeunes, aux nouveautés, comme la création mondiale des nuits d’été de Lavandier et Boyer. L’excellence est toujours de la fête, tout en restant simple et abordable. Du côté de la presse et des artistes cette année était un peu le rendez-vous de l’été. On s’y est beaucoup croisé, on a retrouvé tant d’artistes et de médias croisés ailleurs qu’on aurait pu croire à un entre soi si l’esprit de la taverne n’était venu mélanger tout cela de vin blanc et de bière.

Pour la critique du concert de la prise de Troie, c’est par ici

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