Rocamadour, où l’on comprend pourquoi dans « musique sacrée » il y a aussi « sacrée »

Ne nous racontons pas d’histoire entre nous, bien des musiques sacrées sont ajoutées au programme des concerts pour faire plaisir à monsieur le curé, ou pour bénéficier d’une belle église, voire comme prétexte à interpréter des chants d’une profonde beauté. Mais souvent l’esthétisme musical prend le dessus sur le sacré et un Requiem se donne des allures opératiques tandis qu’une cantate hiératique se pare d’expressivités lyriques parfois… étonnantes.

Au festival de musique sacrée de Rocamadour c’est tout l’inverse. Le sacré est l’âme musicale qui donne sens, mais surtout profondeur et relief aux œuvres. A l’évidence on cherche, au-delà des notes, la compréhension même du compositeur dans sa relation au divin. Le Dieu joyeux de Haydn n’est pas le Christ sauveur de Saint-Saëns, ni le héros de Beethoven. Mais pour autant c’est une même foi sous autant de prismes que de compositeurs. Que ce soit dans les mini concerts de l’après-midi ou les grands concerts du soir, cette quête d’authenticité sacrée est, apparemment, la marque d’un festival où la recherche et la restitution tiennent une place importante.

Rodé, huilé par un sérieux au service de l’art sacré, le festival de Rocamadour, s’enracine depuis 14 ans dans la pierre rocailleuse d’une tradition spirituelle chrétienne millénaire et il n’est pas impossible qu’à l’entracte d’une messe en Ut vous croisiez la procession aux flambeaux léchant le flanc de la colline au sortir du Grand escalier des pèlerins. L’ambiance globale est sereine, recueillie même. Sans être éteinte, loin s’en faut, ce n’est pas l’explosion festive d’autre festival qu’on trouve ici mais une forme d’ascension où l’âme se détend et se réjouit d’une toute autre manière.

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