Quatuor Girard, quand un air de famille se fait âme musicale

Il est bien des ensembles familiaux qui voient le jour du simple fait qu’il est toujours touchant de voir une famille d’artistes se produire ensemble. Ceux qui me connaissent ou ont joué sous ma direction savent le prix que j’accorde à l’unité d’âme, cette commune respiration de tout un ensemble.

On ne peut pas mieux dire ici en parlant d’une famille, ce lieu où chaque enfant reste lui-même bien qu’élevé par les mêmes parents. Les mêmes bien trempés et identifiés dans leur jeu et indéfectiblement unis par cet air de famille qui les rapproche sans les fusionner.

Eh bien tel est l’air de famille qui se fait une seule âme musicale du quatuor Girard. Dans cet extrait de Beethoven, si ardue pourtant dans ses quatuors, nous sommes tout de suite saisi par l’unité, comme si le quatuor était interprété par un seul organiste disposant de tous les jeux.

Mais l’unité n’aurait pas de relief si elle était fusionnelle. Au contraire l’unité de la ligne musicale se diffracte en autant de couleurs instrumentales, au point qu’on respire avec tous tout en savourant chacun. Cette impression musicale est suffisamment rare pour vous la présenter, au milieu de bien d’autres choses que nous pourrions dire.

Certains trouveront peut-être que l’unité égale à elle-même dans le quatuor de Debussy (dans la playlist) laisse moins de place à la couleur instrumentale si chère au compositeur. ça se discute.

Mais je vous invite à entendre cet ancien enregistrement de Schubert pour nuancer l’idée première

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