Tigran Hamasyan, des profondeurs arméniennes aux élévations de l’improvisation.

Un vrai talent d’interprète et de compositeur. Un voyage au cœur de l’âme contemplative assurément ; des profondeurs arméniennes aux élévations de l’improvisation. Et pourtant le ravissement ne fut pas un dépaysement. Tout nous est connu et en même temps tout semble neuf. Tigran Hamasyan tisse la nouveauté de fils qu’on aurait cru effilochés à force d’avoir servi. Les schémas de chaque styles musicaux se reconnaissent bien mais se fondent, se muent, se brodent, apparaissent, s’effacent puis ressurgissent tout au long d’ostinati qui assurent la charpente et l’unité de la composition comme de la soirée.

Un grand pianiste, un merveilleux (subjuguant même) merle siffleur et un maître des ondes autant que de l’improvisation. Voilà pour le talent réel et transcendant du jeune arménien qui puise forme et inspiration dans la musique de ses racines. Pour autant, la grande unité resserrée autour de l’ostinato (ou semblables variantes) donne, malgré la grande diversité, une impression de lassitude en fin de concert. Et si les deux bis furent amplement mérités et applaudis, on finît par apprécier de retrouver une ligne mélodique simple pour nous tirer d’une certaine osmose hypnotique.

Une belle musique, simple dans sa forme, complexe, sans boursoufflures, dans son écriture unifiée. Une dominante aquatique portée par un merveilleux perlé du doigté et rehaussée d’une succession de brisures harmoniques toujours équilibrée. Pour qui ne parvient pas à comprendre ou suivre le tissage de style qui se succèdent, se chevauchent ou se superposent, il suffit de suivre les mouvements du corps du pianiste qui nous révèle la véritable ligne d’horizon de l’œuvre.

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