Guilhem Fabre, la note pour elle-même

On pourra trouver de très nombreuses qualités au jeu de Guilhem Fabre, mais il en est une qui signe véritablement sa marque. La clarté de la diction musicale est telle que chaque note est là pour elle-même, avec une étonnante présence. Pas de fioriture ou de débordement. Le jeu est propre certes, mais pas seulement. La note s’exprime avec toute sa couleur, au point que la partition est belle et bien une rosace de couleurs et non un ensemble filé où chaque éclat s’estompe au profit d’une couleur commune.

Pourtant, le détaché lorsqu’il est nécessaire sait se lourer et chanter (comme dans cette superbe partita) sans que jamais la note ne perde sa vie propre, de sorte que tout pétille et que la vie interne de la partition s’anime non comme si le pianiste modelait une pâte homogène, mais comme si les notes se jouaient elles-mêmes.

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