Julien Lestel, l’amplitude du geste, la grâce de l’existentiel

Bien des danseurs, des chorégraphes s’intéressent ces dernières années au composé corps et âme, cet hylémorphisme qu’Aristote concevait déjà comme existentiellement inséparable. Il est vrai que la danse se prête ô combien à cette réflexion, ou tout du moins à ce regard, cette vision, cette mise en espace de cette unité fondamentale de l’âme et du corps.

Julien Lestel le fait de façon très direct dans ce ballet corps et âme, mais c’est une réalité qui semble traverser toute sa composition. L’amplitude sobre et posée des gestes donne une emphase quasi wagnerienne, mais la grâce qui porte ce déploiement du mouvement n’a rien de hiératique, elle exprime au contraire la vie la plus commune, donnant ce sentiment profondément existentiel, comme si le pas, l’ampleur du geste n’étaient autre que le temps donné à notre propre âme de sentir par danseurs interposés la vie même de son propre corps quel que fût son état, svelte ou grabataire.

Il me semble que tout est dit, ou tout est vu, dans ce Sacre du Printemps plein de vie. Vie non seulement dans cette vitalité dynamique et joviale, comme l’entend souvent l’expression, mais de sève de vie, de moment de vie saisie en mouvement sur le vif.

Et pour le plaisir ce « solo » du danseur face à lui(nous)-même

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