Vivien Simon, pizzicato dans la voix, symbiose du silence et du son

Trois belles raisons de programmer Vivien Simon sur E-scène. La première, et pour nous la plus saisissante, est cette forme de symbiose du silence et du son. Si la musique est un rapport au silence qui préexiste au son et duquel celui-ci s’extrait puis retourne à périodes régulières s’éloignant ou revenant dans un mouvement perpétuel pour s’y endormir définitivement, écoutez cet étonnant tissage dans le jeu vocal de Vivien Simon. Le chant sort du silence comme on étirerait une pâte d’une surface plane, mais pour autant, il ne s’en détache pas, comme si les racines du son puisaient sans cesse à la source, comme si le son ne cessait de naître sans jamais être heurté, brutalisé, perdu loin dans une solitude artificielle.

Il faut prêter l’oreille dans l’ensemble orchestral, mais cette symbiose est parfaitement audible.

Sur cette force de base et sans doute parce que la colonne d’air ne connait aucune rupture, la diction propre à cette époque médiévale, se fait pizzicato enjoué, mais chantant mêlant l’étincelant de la corde et la chaleur de la voix humaine.

Et petit bonus, la découverte d’un ensemble aux couleurs très riches que nous présenteront peut-être plus tard

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