Théophile Alexandre, l’ADN baroque ou la philosophie lyrique de l’être

Quand il a fallut titrer cette présentation, de nombreuses possibilités se sont offertes à nous, tant la nature a donné de talents, mais aussi de charismes à Théophile Alexandre. Grâce, volupté, énergie et douceur, se retrouvent tout autant dans le pas quand dans la voix. Mais finalement, il nous a paru que le plus spécifique, en tout cas dans cet album, était porté par cet ensemble talentueux et qu’il fallait en chercher la révélation dans cette philosophie lyrique étonnamment pure qui traverse à l’horizontal comme à la vertical, le spectacle. Si Verdi chante, à longueur d’opéra, les passions de l’âme que décrit Aristote, Théophile Alexandre donne vie sous nos yeux l’ADN à ces passions, celles qui s’exhalent en émotions. On dit du baroque qu’il peint ce qu’il voit et laisse à chacun de s’approprier le sujet, quand l’auteur romantique cherche à imposer à son public sa propre émotion. Ici indéniablement, le ballet peint, la voix chante et le piano campe cette complexité qui traverse tout humain et qui le fera à jamais unique.

Il y a une transcende incontestable dans cette rencontre du corps qui danse et de l’âme qui chante. Transcendance que porte, comme un résumé, l’expression du visage, confirmant, s’il en était besoin, qu’un chanteur lyrique est aussi un acteur.

Mais écoutez, regardez plutôt comme le baroque, qu’il est très à la mode de « contemporainaïser », est plus qu’une époque et un style quand on en tire l’ADN.

Incontestablement tout le style baroque, ce rebondi, cette légèreté et sa construction mathématique est là, mais combien épurée et dégagée, par cette chorégraphie contemporaine, des emphases baroques dans laquelle on perd souvent le suc de la partition.

Si le chant et la danse sont l’originalité de ce spectacle, prêtez l’oreille au pianiste Guillaume Vincent. Plus qu’une toile de fond musicale, il est le métier sur lequel Théophile Alexandre tisse son ballet et brode sa voix

Appréciez la dextérité du jeu, mais l’étonnant rendu de clavecin sous un clavier pianoforte

Et comme il faut souvent au concret et au symbole, le verbe, voici pour faire bonne mesure la poésie de cette philosophie lyrique qui n’est pas sans rappeler Claudel ce poète considéré comme le musicien qui dira la philosophie.

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